L’art contemporain s’expose bien mais se vend peu dans les galeries parisiennes

L'art contemporain dans les galeries parisiennesLes quelques dizaines de galeries parisiennes dédiées à l’art contemporain accueillent de très nombreux visiteurs mais peu d’acheteurs, les Français semblant peu enclins à l’achat d’œuvres d’art. Une situation qui ne s’explique pas seulement par la crise…

Un ou deux acheteurs…

« Pour l’art contemporain à Paris, les galeries, c’est la galère, mais on peut faire quelque chose », estime Dorothy Polley, une Américaine directrice et fondatrice de la « dorothy’s gallery », pas loin de Bastille, qui a ouvert ses portes en 2006. Au début de cette année, elle a exposé une vingtaine de tableaux d’Henry Miller, et, depuis le 23 septembre – jusqu’au 24 octobre – elle accueille, sous le titre « Paris-Texas, Culture Shock », des artistes texans et des artistes résidant en France. «Même les galeries les plus cotées, celles qui ont plus de 20 ans d’expérience, ont de plus en plus de mal à toucher une population prête à acheter. J’ai bien vu lors du vernissage de l’actuelle exposition : sur 200 visiteurs, seuls un ou deux achètent », déplore la galeriste américaine.

Moyens alternatifs

Toutefois, selon elle, la crise n’est pas la seule cause de ce malaise : « Il y a surtout beaucoup de moyens alternatifs aux galeries pour acheter de l’art contemporain. Il y a d’autres circuits, et puis aussi la possibilité pour certains d’acheter directement à l’artiste », explique-t-elle. «C’est la différence avec New-York, par exemple », poursuit Dorothy Polley, « où les Américains sont, si l’on peut dire, consommateurs d’art et achètent des tableaux contemporains à mettre chez eux, alors que les Français, pour la plupart, ne font pas ce type d’investissement, mais vont voir les œuvres dans les musées ou les galeries ».

Paris, une place importante

Toutefois, assure-t-elle, « Paris reste une place importante, pour des artistes américains désireux de se faire connaître en Europe, mais aussi pour des artistes européens intéressants et dont je peux faire tourner les œuvres aux USA, où elles seront mieux vendues qu’ici, d’autant qu’elles seront affichées à des prix plus raisonnables ».

Image: Tanigo – Fotolia

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